Réseau Autonome
des voies lentes

R.A.Ve.L.

 

Parlement wallon
Question écrite du 14/01/2008
de
FOURNY Dimitri
à
DAERDEN Michel -- Ministre du Budget, des Finances et de l'Equipement


Le RAVeL est un réseau de voies réservées aux usagers lents, c'est-à-dire non motorisés : piétons, cyclistes, personnes à mobilité réduite, patineurs, cavaliers (lorsque les conditions le permettent).

Monsieur le Ministre peut-il me préciser l'étendue de ce réseau (itinéraires/sections) pour la province de Liège ?

Quel est le coût d'investissement pour notre Région dans :

- la création de sections/itinéraires;
- l'entretien de ces voies ?

Quels sont les projets actuels de création de nouvelles sections ou de nouveaux itinéraires dans cette province ?

Quelle infrastructures existantes ont fait l'objet d'un soutien européen ? Quels sont les projets pour lesquels un soutien européen a été demandé ? Quels sont les autres partenariats éventuels ?

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Réponse du 20/06/2008


Le réseau RAVeL est constitué de chemins de halage et de service le long des voies navigables, d'anciennes voies ferrées et d'itinéraires de liaison sur voiries régionales ou communales pour mettre en liaison les itinéraires en site propre.

A ce jour, le réseau RAVeL est constitué 960 kilomètres d'itinéraires en service, dont la liste est reprise ci-dessous. Il n'y a pas encore d'itinéraires de liaison en service.

Voies de chemin de fer désaffectées

Pour la Province de Liège

L127 :
Hannut - Wanze
L38 :
  Vaux-sous-Chèvremont- Herve
L31 : 
Rocourt - Ans
L210:
Ans - Saint Nicolas
L38 : 
Herve - Hombourg
L 46-47 :
Waimes - Saint-Vith

Chemins de halage

Pour la Province de Liège

Voie 20 :
canal Albert
Voie 21 :
canal de Lanaye
Voie 28 :
canal de Haccourt à Visé
Voie 40 :
Meuse
Voie 42 :
canal de l'Ourthe
Voie 421 :
Ourthe
Voie 43 :
Basse Meuse
Voie 46 :
Meuse mitoyenne

La Wallonie compte 1200 kilomètres d'anciennes voies ferrées désaffectées et environ 800 kilomètres de chemins, existants ou à créer, le long de nos voies d'eau navigables.

Mais il faut bien intégrer le fait que ces 2000 kilomètres ne pourront être intégralement aménagés et ce, pour diverses raisons :

- en premier lieu, certaines anciennes lignes ont été morcelées, revendues totalement ou partiellement et ne permettent plus aujourd'hui d'y réaliser un cheminement « modes doux » de manière économiquement acceptable. Les dernières études disponibles font état d'un potentiel réel de 700 kilomètres aménageables sur les 1.200 kilomètres disponibles ;
- ensuite, le long de nos voies d'eau, certaines sections présentent un intérêt paysager et environnemental important et, pour d'aucun, il ne semble pas opportun de vouloir à tout prix construire un cheminement cyclo-piétons le long de ces voies d'eau. Les derniers chiffres en ma possession font état d'un réseau potentiel de 650 kilomètres sur les 800 kilomètres disponibles.

Au total, ce serait donc ainsi 700 + 650, soit 1350 kilomètres d'itinéraire en site propre qui pourraient être concrètement réalisés et 255 km d'itinéraires de liaison.

Je me suis fixé pour objectif de réaliser un véritable réseau, cohérent et continu, à l'horizon 2009. C'est pour atteindre cet objectif d'amplification du RAVeL que le Gouvernement wallon, à mon initiative, a d'ailleurs décidé, depuis 2005, d'augmenter de façon significative, le budget qui y est consacré. Et afin de donner un grand coup d'accélérateur à la finalisation du réseau j'ai élaboré un programme prioritaire 2007-2008 ambitieux, afin de réaliser une série de projets représentant:

- 285 km sur anciennes voies ferrées;
- 35 km sur chemins de halage;
- 255 km d'itinéraires de liaison.

Les projets principaux qui ont été retenus pour les anciennes voies ferrées, dont les travaux ont été adjugés en 2007 et dont la réalisation commencera en 2008 sont les suivants :

Province de Liège

- liaison L210- RAVeL1 : Ans - Saint-Nicolas - Seraing;
- ligne 45 Trois-Ponts/Stavelot/Malmedy/Waimes : 20 km

Les chantiers débuteront en 2008 dès obtention de toutes les autorisations nécessaires (permis d'urbanismes, emprises,?) et dès que les conditions climatiques le permettront.

Les projets principaux qui ont été retenus pour les anciennes voies ferrées et dont les projets devront être préparés pour être adjugés en 2008 sont les suivants :


Province de Liège

- L126 de Marchin à Huy et jonction 126/127;
- Meuse - Liaison Engis - Flemalle-Liège;
- achèvement des passerelles pour assurer la liaison entre la ligne 38 et la vallée de l'Ourthe;
- ligne 48 entre Waimes et Kalterherberg

Quant aux projets retenus pour 2008 le long des voies hydrauliques, il s'agit :

- des tronçons manquants le long de l'Ourthe entre Liège et Durbuy ;
- de la Meuse entre Ivoz-Ramet et Seraing.

D'autres projets pourront, bien entendu, être étudiés les années suivantes. Il faut savoir que chaque année, de nouvelles lignes de chemins de fer sont désaffectées ou déferrées et sont mises ainsi potentiellement à la disposition du MET pour la réalisation de nouveaux itinéraires RAVeL.

Le coût d'un projet RAVeL peut varier fortement suivant la nature de l'assiette récupérée : présence de ballast ou non, état des ouvrages d'art, nouveaux ouvrages à construire, carrefours dangereux à traiter, etc.

Une analyse sur plusieurs années permet d'observer que le coût moyen d'un kilomètre de RAVeL est environ de 100.000 euros TVAC. Mais ce coût moyen au kilomètre est fortement influencé par l'état de dégradation des ouvrages d'art existants sur les lignes de chemin de fer.

Citons quelques exemples-type :

1° pour l'adjudication de la ligne 45 à réaliser entre Trois-Ponts et Waimes, on arrive 64.000 euros/km; mais il faut tenir compte que cette ligne a été entretenue par la SNCB jusqu'à présent et qu'elle ne nécessite pratiquement aucune intervention sur les ouvrages d'art;

2° pour l'adjudication de la ligne L147, on arrive à 122.000 euros/km pour un RAVeL en asphalte et beaucoup de réfections d'ouvrages d'art

3° un essai intéressant a été réalisé pour diminuer le coût des aménagements. Ainsi, la ligne 127 qui relie Landen à Wanze, via Hannut et Braives, a été revêtu d'un revêtement de type enduisage bien moins coûteux que les classiques dalles de béton ou revêtements hydrocarbonés utilisés jusqu'ici. Cette technique permet d'économiser un million d'euros pour 17 kilomètres d'itinéraires, soit une économie de 60.000 euros/km ! Si la technique présente l'avantage de pouvoir se colorer pour se confondre dans le paysage, elle présente néanmoins les inconvénients suivants : moins bon confort de roulement, notamment pour les cyclistes utilisant des pneus très fins, et pour les rollers et invasion plus rapide de la végétation (même à travers le revêtement) qui induit alors de gros problèmes en matière d'entretien.

En ce qui concerne les possibilités de prises en charge des projets autres que les projets cités ci-avant qui sont financés par mon département la direction générale des routes (DG1), on peut citer les cofinancements européens, les financements par le commissariat général au tourisme (CGT) et ceux par la direction générale des transports( DG3).

Une liste non exhaustive des projets en cours est reprise ci-dessous.

- L48 Kalterherberg - Raeren fait l'objet d'une étude de fiche dans le cadre du programme Eurégio 2007-2013 - Préparation conjointe Communauté germanophone - DG1;
- L47 Oudler - frontière Luxembourgeoise fait l'objet d'une étude de fiche dans le cadre du programme Grande Région 2007-2013. Préparation conjointe Communauté germanophone - DG1.

Une liste non exhaustive des réalisations antérieures sur fonds européens est reprise ci-dessous.

- Wanze et traversée de Liège sur fonds Feder Objectif II Meuse - Vesdre (1997-1999);
- traversée de Liège et de Amay sur fonds Feder Objectif II Meuse - Vesdre en 2003;

En ce qui concerne l'entretien du RAVeL, il faut savoir que l'entretien ordinaire est à charge des communes traversées. Il s'agit de la prise en charge du brossage, nettoyage, délignage, désherbage,

L'entretien extraordinaire des ouvrages d'art reste à charge du Met. Etant donné que le réseau est assez récent et que les ouvrages d'art ont été remis en ordre lors de la construction du RAVeL, il n'y a pas encore eu, à proprement parler, de dépenses spécifiques d'entretien à charge du MET.