Li Torê

 

Li Torê

 

Le Torê est aujourd'hui l'un des plus populaire monument liégeois surtout pour les étudiants de la Cité. Il est pourtant exposé aux Terrasses au même titre que trois autes statues qui pourtant ne jouissent pas du même succès. Cela s'explique par le passé mouvementé de "Joseph" et de son taureau.

Le Dompteur de taureau, plus communément appelé Li Torê est une sculpture du liégeois Léon Mignon (1847-1898) qui obtint la médaille d'or au salon de Paris en 1880. Acheté par la Ville de Liège, l'oeuvre est accueillie d'un avis partagé lors de sa mise en place. En effet, la nudité du dompteur populairement appelé "Joseph" choque les bon moeurs de l'époque au point de devenir un enjeu politique entre libéraux et catholiques. Ces derniers obtiennent même qu'on pose un cache-sex de plomb pour masquer les attributs de Joseph.

Le Torê est le premier monument à être sujet à une polémique aussi vive.

 

La pudique opposition au Torê est bien connue des corporations étudiantes actuelles qui narrent volontiers d'ailleurs que leurs aînés, pour narguer les bourgeois bien pensant et le clergé austère de l'époque, peinturlurèrent les attributs proéminants de l'animal. A chacun ses armes. Au final, les tabous tombèrent ainsi que la feuille de vigne qui incommodait tant l'ami Joseph.

Aujourd'hui encore, Li Torê est le symbole par excellence des étudiants liégeois qui lui rendent hommage lors de la traditionnelle Saint-Torê.

 Cependant, il ne sera pas le seul monument qui subira les foudres des ultra-conservateurs puisque ceux-ci n'hésiteront pas retirer le Faune mordu, oeuvre de Jef Lambeaux (1852-1908) de l'Exposition universelle de 1905. De même, les statues naturalistes ornant le pont de Fragnée conduiront à la constitution d'un Comité pour l'habillement des statues.