Léon Mignon

Buste de Guillaume Ferdinand Joseph Piercot (1871)

Marbre blanc, 73 x 52 x 30 cm.
Signé et daté à gauche sous la poitrine : L. Mignon, 1871
Autre(s) inscription(s) : PIERCOT (sur le socle à l'avant)
Liège, Musée de l'Art wallon

En 1871, Léon Mignon termine ses études à l'Académie des Beaux-Arts de Liège et expose au Salon de Gand, ses premières œuvres. Parmi celles- ci se trouve le buste de Guillaume Ferdinand Joseph Piercot (Bruxelles, 1797 - Bruxelles, 1877). Cet homme politique libéral a été nommé ministre de l'intérieur de 1852 à 1855. Il a également été bourgmestre de Liège à plusieurs reprises entre 1842 et 1877. Il est notamment connu pour avoir introduit la distribution d'eau à Liège.

Léon Mignon figure son modèle vêtu d'un costume officiel orné de broderies et de décorations. Guillaume Piercot porte la tête haute. Son regard est fier et attentif. Un léger sourire se dessine sur ses lèvres. Remarquons le zèle avec lequel l'artiste reproduit les traits de ce personnage, ne s'attachant pas à l'embellir, le rajeunir ou encore à lui enlever quelques rides.

Piercot n'est pas le seul homme politique représenté par Mignon. En effet, d'autres comme Frère-Orban et Joseph Brand ont bénéficié de ses talents de portraitiste. Il ne se limita pas non plus au monde politique, mais brossa également les portraits de peintres, de sculpteurs, de musiciens, d'écrivains et de particuliers de son époque.

Sandrine Langohr

 

Lors de l'exposition rétrospective de l'Art belge qui se déroule à Bruxelles en 1880, le plâtre original du Dompteur de taureaux est remarqué par le ministre belge de l'intérieur Gustave Rolin-Jaequemyns (1835-1902). Celui-ci propose à la Ville de Liège de l'acquérir. Transposée en bronze, l'œuvre est érigée aux Terrasses d'Avroy, dès le 27 juin 1881, au grand dam du quotidien catholique La Gazette de Liège. La sculpture se trouve bientôt au centre d'une polémique qui aurait pour origine la nudité intégrale du dompteur. Notons que dans la réduction en bronze présentée à l'exposition, une draperie a été ajoutée afin de voiler le sexe du personnage.

Lorsqu'il réalise Le dompteur de taureaux, dans son atelier parisien, Mignon a déjà rencontré un certain succès avec son Combat de taureaux dans la campagne romaine, gardant une vision réaliste des choses.

Tout dans ce groupe évoque le mouvement, par opposition au Bœuf au repos (1885-1886), également réalisé par Mignon et érigé face au Dompteur aux Terrasses d'Avroy. Le poids du corps de l'humain est déplacé vers l'arrière dans un effort de traction alors que le corps de l'animal se porte vers l'avant. L'iconographie du Dompteur de taureaux est à rapprocher du mythe d'Hercule combattant le taureau de Crète, thème que Léon Mignon traite sous forme de reliefs pour la rampe d'escalier de l'actuelle bibliothèque royale de Belgique. Le sujet se raccroche aussi à une longue tradition de représentation de l'homme se mesurant à un animal.

Sandrine Langohr et Alexia Creusen

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Extrait de
http://kronex.free.fr/imgnoel.htm
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